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L’inspecteur du travail du futur : tu seras agent de contrôle…de tes subordonné-es

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Le monstre RGPP engendre en chemin de petits rejetons dont le potentiel de casse de l’inspection du travail vient s’ajouter à celui du PMDIT ou de la logique LOLFIENNE.

Après s’être goinfré avec le rapport DESFORGES et DE CHALVRON « Rapport de la mission préparatoire au réexamen général du contenu des concours de la Fonction Publique d’Etat » de janvier 2008, notre ministère en a régurgité un projet de réforme du recrutement et de la formation initiale des inspecteurs élèves du travail.

Clairement assumée, cette réforme, inspirée aussi en partie du Livre blanc « SILICANI » sur l’avenir de la Fonction Publique et anticipant le rendu de la Mission LE BRIS sur l’avenir des écoles de service public, a tout pour plaire aux « casseurs-modernisateurs » d’une fonction publique qui a tout à apprendre des méthodes de gestion du secteur privé…lesquelles font le bonheur des salariés et des consommateurs comme on peut chaque jour le constater.

Après une « concertation » avec les organisations syndicales dont seul notre ministère a le secret (c’est-à-dire après avoir « prévu et accordé » quelques concessions dont la quasi-totalité a disparu dans la dernière mouture), le projet vient aujourd’hui s’échouer sur la table du CTPM pour avis (constructif s’il vous plait).

Le problème est que le projet est plutôt destructif, lui :

  • Baisse du nombre de postes offerts aux concours (externe et interne avec un déséquilibre accru au profit de l’externe) seul moyen permettant l’égal accès à tous aux postes de la fonction publique et évitant les recrutements partisans même si les concours ne peuvent pas grand’chose pour redresser la barre des inégalités sociales face à l’école ;
  • par la pérennisation d’un tour extérieur (que, sans honte, le ministère appelle « troisième concours ») sorte de VAE pour copains de réseaux (DRH, syndicalistes et préventeurs en risques professionnels) ;
  • Un entretien avec le jury du concours censé se rapprocher d’un entretien d’embauche avec professionnel du recrutement en assistance du jury afin de profiler notamment des chefs de service-managers…et accessoirement de futurs agents de contrôle ? des quoi ? L’actuel exposé et discussion à partir d’un sujet de culture générale laisse la place à l’évaluation des capacités, de la motivation et des aptitudes relationnelles du candidat à être inspecteur du travail. A priori pas de préparation et 45 mn sur le grill contre 20 aujourd’hui.
  • Avant cet entretien d’embauche construit avec la volonté de se prononcer sur les compétences attendues en situation professionnelle (à quoi sert l’INT alors ??!!) , les candidats auront découvert à l’écrit la nouvelle épreuve obligatoire « conditions de travail » mise au même niveau en terme de coefficient que celle de droit du travail qui serait en fait l’actuelle option conditions de travail enrichie des actuelles autres options plus scientifiques (notions élémentaires de physique, de chimie ou de biologie). Affichage clair de l’évolution souhaitée du métier vers des techniciens hygiène-sécurité.
  • Quant à la formation initiale à l’INT (s’il existe encore - voir LE BRIS), qui passerait à une période plus courte pour la titularisation + une période de formation personnalisée obligatoire, le contenu est à l’avenant : pour se mettre en appétit 4 à 6 semaines de bourrage de crâne lolfien, formatages en tous genres et déontologie (gageons qu’elle sera quelque peu biaisée dans sa présentation) puis on enchaîne avec un stage de 4 mois dans les services afin de permettre aux IET de prendre connaissance de ce qui est attendu d’un cadre de la fonction publique, d’acquérir ou de manifester les compétences transversales nécessaires, notamment sur le plan relationnel, et rendre possible leur évaluation sur cette base.

Evaluation qui de manière générale sera récupérée par le directeur de l’INT (les DD -ces grosses buses- ayant failli en n’ayant pas saqué nos 4 collègues exclus néanmoins par l’INT l’an dernier) : morceau choisi : « La procédure actuelle pose problème. Les appréciations sont en règle générale favorables, n’ont pas toujours un caractère discriminant (sic !) et ne donnent pas les avertissements nécessaires dans les situations qui le justifieraient. La légitimité de l’évaluation d’ensemble en sort affaiblie. »

Dans la même veine, une nouvelle épreuve avec un message clair mais un contenu des plus flous : « Introduction d’une séquence de travail collectif dans la formation : les missions de contrôle sont particulièrement concernées ; l’inspecteur du travail qui les exercerait seul et de façon isolée le ferait de façon inefficace, compte tenu de l’ensemble des problématiques qu’il est amené à traiter. La capacité au travail collectif est également un élément et une condition pour maîtriser les compétences de management, de conduite de projet et d’encadrement. Or l’organisation de la formation des inspecteurs élèves ne prévoit pas de séquence permettant d’acquérir et d’approfondir ce savoir-faire ».

Enfin l’unique jury final (au lieu de 2 passages à tabac actuellement) parachèverait l’œuvre avec des critères supplémentaires d’évaluation « Agir comme un agent public, dans un cadre organisé et en tant que porteur d’une politique publique / Mettre en œuvre l’autorité nécessaire au contrôle - savoir gérer des situations de conflit et de crise / Prendre des décisions / Encadrer une équipe /Se situer dans un environnement professionnel, mobiliser des partenaires, conduire un projet ».
Pourquoi arrêter une formule qui a réussi, en excluant de manière injustifiée et aberrante 4 collègues, à mettre la pression et à dresser ces IET trop prompts à la contestation dans ce nid syndical qu’est l’INT ? Autant enfoncer le clou si possible en frappant de plus en plus fort à chaque promo.

De vrais chefs de service moulés à la louche, actions prioritaires et bûchettes en ligne de mire, des techniciens-conseil accompagnant des partenaires…le PMDIT fera le reste.

Inutile de préciser que SUD Travail-Affaires sociales s’opposera à ce projet délétère (en CTPM et en dehors) prévu pour 2010 pour le recrutement et septembre 2009 pour la formation


Article publié le vendredi 30 janvier 2009