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PRIME A LA CASSE : le service public mis au rebut comme une vieille bagnole !

Nous apprenons via le Figaro de ce 12 février la naissance, sous le haut patronage d’Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, du ‘Prix du manager public de l’année’.

Du point de vue du journal qui a bénéficié du scoop, il ne s’agirait pas de la pose d’une banale pierre à l’édifice de la célébration nationale. Le Figaro y voit au contraire « tout un symbole, celui de la professionnalisation croissante des décideurs de la sphère publique » ! Voilà qui est beau comme de la communication ministérielle, mais, comme souvent dans ce cas, trop beau pour être vrai…

Il suffit en effet d’analyser sommairement le profil des membres du jury et les actions ou personnes titrées pour déceler l’arnaque.

Tout d’abord, en excluant - peut-être à tort d’ailleurs - le général Xavier Michel (directeur de Polytechnique, embarqué dans cette galère probablement en tant que représentant légal d’une école dont sont issus de nombreux hauts fonctionnaires) et Jean-Marc Sauvé (peu connu vice-président du Conseil d’Etat, sûrement présent du fait de son statut de premier fonctionnaire de France), lorsqu’on réunit dans un même jury Richard Descoings (directeur de Sciences-Po Paris et missionné par l’omni-mini-président de la République pour réformer les lycées), Thierry Desmarest (président du conseil d’administration de Total, avec ses profits records de 14 milliards d’€ en 2008, année de crise croyait-on), Jacques Guérault (préfet de la région Rhône-Alpes, et ancien directeur de cabinet de Sarkozy), Christian Leroux (cabinet du médiateur de la République, et encarté UMP), Philippe Manière (Institut Montaigne, laboratoire d’idées d’obédience libérale), et enfin François-Daniel Migeon (nommé directeur général de la modernisation de l’Etat, sur proposition... d’Eric Woerth), on se doute un peu que le premier critère d’attribution des prix sera moins le professionnalisme du décideur que le soin et la conviction apportés par celui-ci à la mise en œuvre de la politique ultra-libérale du gouvernement au sein de la sphère publique.

Et lorsqu’on voit les actions valorisées, le doute n’est même plus permis : il s’est agi de récompenser la mise en place de portail Internet ou de plateformes, autrement dit d’outils permettant, facilitant, encourageant la suppression d’agents publics, de préférence de proximité, sans doute pour répondre aux défis - néolibéraux - du XXIème siècle ; dans la même veine, le prix spécial du jury a reconnu comme « acteurs-fonctionnaires particulièrement performants » Patrick Lescure, nouveau directeur du Pôle Emploi Rhône-Alpes (et qui apprécierait apparemment que la catégorie des agents ANPE sous statut public disparaisse à la faveur de la fusion ANPE-UNEDIC pour laisser la place au tout-privé) et Michel Delarbre (DRTEFP, préfigurateur DIRECCTE en Rhône-Alpes, ce qui veut tout dire...). Que les casseurs du service public soient placés sur un piédestal !

Le Figaro a raison sur un point : il y a du symbole là-dedans... Plus tu contribues à démanteler et privatiser le service public, plus tu seras apprécié par ta hiérarchie. Si en plus tu le fais avec zèle, voire avec plaisir et délectation, tu peux être élevé au rang de manager public de l’année.

À QUAND LA COURSE AU TITRE D’EMPLOYÉ(E) RGPP DU MOIS ?

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Article publié le dimanche 1er mars 2009