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Tract : Comment financer nos retraites

enjeu de la sortie de crise :
Comme le note le journal Les Échos (13 avril 2010), « le chef de l’État
entend montrer à ses partenaires européens et aux marchés financiers
qu’il s’attaque au problème de la dette. Tant pis si les retraites ne constituent
qu’un aspect partiel du problème : il faut donner un signal et ne surtout
pas perdre la note AAA dont bénéficie encore la France sur les marchés
 ». Tout cela n’a donc pas grand chose à voir avec les évolutions
démographiques. Ce qui se joue à travers le dossier des retraites est la nature
de la sortie de crise. Il s’agit pour le gouvernement et le patronat de la
faire payer aux salariés et plus largement à la population, alors qu’ils n’en
sont nullement responsables

Contrevérités !

La publication du 8ème rapport du Conseil
d’orientation des retraites (COR) à la mi avril a
donné lieu à un déchainement médiatique où la
mauvaise foi cotoyait les lectures approximatives et
le catastrophisme.
L’objectif de ce déchainement était clairement
assumé par la plupart des commentateurs. Il fallait
montrer que le système court à la faillite et qu’il
serait impossible, dans l’avenir, de financer les
retraites. Ainsi étaient, par avance, justifiées les
mesures que le gouvernement s’apprête à prendre :
report de l’âge légal de départ à la retraite, nouvel
allongement de la durée de cotisation, remise en
cause de la retraite des fonctionnaires. Nul doute
que ces présentations apocalyptiques vont se
poursuivre dans l’avenir.
Cependant, pour tous ceux qui ont pris la peine de le
lire attentivement, ce rapport démontre la possibilité
d’éviter des mesures socialement régressives... à
condition de bien vouloir augmenter les recettes des
régimes de retraites, solution aussitôt refusée par le
ministre du Travail.
Alors même qu’il se base sur une hypothèse du taux
d’emploi des femmes très régressive, le COR montre
pourtant que, dans le pire des scénarios envisagés à
l’horizon 2050, il faudrait 10,4 points de cotisations
supplémentaires à lisser sur 40 ans. Cela
correspond à une augmentation de 0,26 point par
an. Qui peut honnêtement penser qu’une telle
augmentation serait un danger pour l’économie
française ?

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tract financement retraites
tract financement retraites

Une vision catastrophique est d’autant moins fondée
qu’un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la
richesse créée dans les entreprises, est tout à fait
envisageable. Il n’est pas acceptable de considérer
comme pérenne la baisse très importante de la part
des salaires ayant eu lieu ces trente dernières années
(près de 9 points), alors que, dans le même temps, la
productivité du travail a continué de croître fortement
(plus de 50 % en 20 ans) et que les dividendes des
actionnaires ont explosé.
Un tel rééquilibrage de la part des salaires, qu’une
augmentation des cotisations patronales peut amorcer,
aurait d’ailleurs des effets neutres sur la sacrosainte
compétitivité des entreprises s’il était compensé
par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.
S’attaquer aux dividendes des actionnaires,
c’est le tabou qu’il faut lever !


Article publié le samedi 8 mai 2010