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Dépassement des plafonds de prime : quand les primes dépriment les agents…

Le Direccte Lorraine a annoncé aux membres du CTPR, le 17 juin 2010, qu’il allait stopper le paiement des primes aux agents dépassant le plafond de parts de primes !!!
(NDLR : le montant total des primes ne doit pas excéder un certain pourcentage du salaire)

Cette mesure brutale va le conduire à verser aux 31 agents concernés en Lorraine un salaire amputé de leurs parts de primes et ce, sur les deux ou trois derniers mois de l’année. Et encore, cette estimation est faite d’après ses calculs, mais comme nous ne sommes pas sûrs de la fiabilité de sa boule de cristal, nous imaginons aisément que le nombre de « victimes » de cette décision pourrait être plus important qu’il ne veut bien le concéder.

Voila donc des agents qui, en reconnaissance de leur labeur, ont légitimement obtenu des parts de prime, et qui, après y avoir goûté, vont se les faire amputer. Ne dit-on pas dans les cours de récré que donner c’est donner, reprendre c’est voler ? La vérité semble encore une fois bien sortir de la bouche des enfants !

Qui est le voleur dans l’histoire ? Comme dans toute affaire de vol en bande organisée, il est très difficile de mettre la main sur le ‘cerveau’, si tant est qu’on puisse le nommer ainsi... On peut tout de même mettre dans le sac les ministères du Budget et de la Fonction publique (occupés – hasard ? – successivement par le même homme, Éric WOERTH), qui se sont bien tenus d’imposer à tous les Trésoriers payeurs généraux de France et de Navarre (dont celui de Moselle, particulièrement zélé en la matière) l’adoption de l’attitude de tolérance générale qui régnait jusque-là dans la profession à propos des trop-perçus de primes.

On peut y ajouter le Dagemo que nous avions interpellé à plusieurs reprises, notamment en février et mai 2010, sur la nécessité de réévaluer les plafonds ; en vain, mais faut dire que le plafond des primes pour les agents autres que de catégories B ou C est tellement élevé que M. Luc ALLAIRE n’a pas dû se sentir concerné ! Bien au contraire, la toute récente circulaire « primes » DAGEMO du 9 juin 2010 demande clairement que les plafonds – inchangés, donc – soient respectés !

Tout ça pour récupérer quelques euros et faire allégeance aux exigences de rigueur des marchés financiers ! Ça fait quand même un peu pauv’type qui cherche à prendre le pognon dans la poche de celles et ceux qui travaillent, plutôt que taper dans les comptes offshores dégoulinants d’oseille de celles et ceux qui nous exploitent. Injuste et lâche, à l’image – entre autres – de la ‘réforme’ des retraites.

Et notre Direccte là-dedans ?

En CTPR, nous avons expressément demandé au Direccte de ne pas appliquer cette circulaire au vu des conséquences financières que cette décision pourrait avoir sur les agents. D’autant plus qu’il avait choisi de se faire oublier du TPG en 2009 lorsque ce dernier lui demandait des noms pour se faire rembourser, et qu’il avait opté en début d’année pour ne toujours pas tenir compte des plafonds dans l’attribution des parts. En fin de compte, nous lui demandions juste d’aller jusqu’au bout de son engagement de départ.

Mais le Direccte a visiblement décidé de ne plus faire rempart. L’abnégation a atteint ses limites. Ce qui aura été trop perçu en cours d’année sera retenu sur les paies en fin d’année. Alors, pourquoi ce changement soudain de cap ?

Il nous a répondu qu’il ne voulait pas passer en cour de discipline budgétaire et donc qu’il allait exécuter ce que la circulaire lui commandait. Bof. Ça ne répond pas vraiment à la question. Nous espérons que l’évocation de l’épée de Damoclès disciplinaire ne soit pas un simple alibi pour masquer des motivations plus matérialistes et plus personnelles…

Voulant quand même continuer à se faire passer pour un rebelle, il a concédé que sa décision de ne pas payer ces primes serait, comme toute décision administrative, susceptible d’un recours…

Les agents qui vont se retrouver sans primes apprécieront, sans doute, ce geste chevaleresque qui ne lui coûte rien !

En conclusion, il est bien évidemment inutile de rappeler qu’en théorie, les primes sont données pour « motiver » les agents méritants, gageons que l’arrêt de paiement de leurs primes va certainement les motiver à demander des comptes au Direccte.

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Plafond de parts de prime
Le tract peut être téléchargé ici même

Trois conseils prévention pour ne pas se faire sucrer tout ou partie de ses primes

1) Ne pas se rendre aux entretiens professionnels, car toute réduction d’ancienneté ou avancement d’échelon que vous pourriez y obtenir (si le budget le permet) augmenterait votre salaire et encouragerait votre direction à vous octroyer des parts variables supplémentaires, et vous rapprocherait donc irrémédiablement de l’écrêtement.

2) Ne pas saisir CAP SITERE, la ridicule prime au flicage et à l’orientation de votre activité ne vous serait plus versée, moins de risque de dépassement du plafond, et vous pourriez ainsi profiter de l’intégralité de vos primes jusqu’au dernier mois de l’année.

3) Mais le plus efficace encore pour toucher moins et ne pas se faire extorquer des parts de primes à la fin de l’année, c’est de faire grève le plus souvent possible. Pourquoi ne pas commencer dès ce jeudi 24 juin pour défendre vos droits à la retraite ?


Article publié le samedi 25 septembre 2010