Accueil > Notre Syndicat > Sections régionales et locales > Occitanie > Midi-Pyrénées > Déclaration de l’intersyndicale Midi-Pyrénées lors du séminaire de la Direccte (...)

Déclaration de l’intersyndicale Midi-Pyrénées lors du séminaire de la Direccte (28 février 2012)


A propos du "projet de service de la Direccte"...

Madame la Directrice de la Direccte,

Vous avez convoqué les agents de catégorie A à venir échanger sur le projet de service de la Direccte Midi-Pyrénées ce mardi 28 février 2012.

Les organisations syndicales CGT, FO, SNU, SUD, CFDT vous rappellent en préalable quelques éléments.

Elles ont été opposées à la RGPP qui a notamment entraîné la suppression des services déconcentrés du travail et de l’emploi comme ceux du ministère des finances.
Elles maintiennent leurs oppositions à cette casse des services et demandent l’arrêt de l’affichage artificiel comme « guichet unique de l’entreprise » et le rétablissement des services déconcentrés des ministères avec les moyens et effectifs nécessaires pour la protection des droits des travailleurs qu’ils soient salariés, au chômage, en formation, et pour la protection des consommateurs.
Le document de projet que vous nous avez transmis est censé répondre sur « les insatisfactions, les besoins de repères, les attentes des agents quant à leur évolution professionnelle et leur attachement aux valeurs et missions du service public » qui se sont exprimés lors des journées d’expressions des agents à l’automne 2011, qui faisaient suite au suicide de Luc Béal-Rainaldy en mai 2011.

Depuis, un nouveau suicide, celui de Romain Lecoustre, est venu endeuiller nos services en janvier 2012.

Ces deux événements tragiques ne sont que la face la plus sombre d’une souffrance au travail et d’une perte de sens du travail face aux rouleaux compresseurs que sont la RGPP et la politique managériale du service public du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Nous avions déjà alerté votre prédécesseur M. Bouchet, à maintes reprises, comme en témoigne la lettre des agents de l’UT12 en date du 20 mai 2011 signée par l’ensemble des agents et des organisations syndicales mais surtout lors des réunions d’expression des agents.

Or, que constate-t-on ?

- Que le ministère refuse de reconnaître le caractère professionnel des suicides de nos deux collègues en renvoyant cette question à la tenue de commissions de réforme et oppose la force publique aux agents venus manifester lors du CHSM le 7 février…

- Que face à la souffrance des agents et à leur difficulté à exercer leurs missions, le ministère et le gouvernement répondent par l’instauration d’un jour de carence pour maladie dans la Fonction publique, le retrait de jours de RTT pour maladie, la mise en place de la Prime de Fonction et de Résultats…

- Qu’aucune réponse concrète ne nous a été apportée depuis la réunion régionale du 22 mars 2011 où les syndicats CGT, FSU, FO et SUD avaient exposé nos revendications et qui a été le point de départ du refus des saisies des interventions d’agents de contrôle de l’inspection du travail sur Cap Sitere.

- Que le 24 janvier 2012, dans une déclaration commune, et à nouveau le 7 février lors d’un mouvement de grève, les agents du ministère du travail ont réaffirmé leurs revendications, qui concernent au final l’ensemble des agents de la DIRECCTE :
—  Abandon immédiat de tous les objectifs chiffrés
—  Arrêt des suppressions d’emplois alors que la charge de travail ne cesse d’augmenter.
—  Arrêt des suppressions de missions (emploi, formation professionnelle), des mutualisations des fonctions avant leurs externalisations.
—  Stop à la dévalorisation et la déstabilisation des agents comme mode de relations hiérarchiques, notamment par le retrait de la note ligne hiérarchique de l’IT.
—  Recrutement massif d’agent et notamment de catégorie C.

Chacun de ses points trouve son application à des degrés divers dans notre région Midi Pyrénées qu’il s’agisse de l’UR ou des UT.

- Que dans toutes les UT et à la Direccte, les déménagements et réorganisations de services ont occasionné des dizaines de tracas auxquels ont dû, et continuent à, faire face les agents tant bien que mal, souvent au détriment de leur travail et de leur santé… Les difficultés ne sont toujours pas résolues notamment dans le Tarn et Garonne et dans le Gers, elles sont à venir dans les Hautes-Pyrénées.

- Que les agents n’ont plus les moyens pour faire face à leurs fonctions ; en Haute Garonne, les secrétariats de sections à 1 agent sont facteurs de souffrance au travail et il manque 5 sections d’inspection du travail pour rester dans les moyennes nationales.

- Que ce projet de « projet de service » s’inscrit dans « un contexte de stricte maîtrise des dépenses publiques », soit une baisse, en 2012, de 8% des dépenses de fonctionnement par rapport à 2011 et dans « un contexte général de réduction de l’emploi public »…

Encore moins de postes, moins de budget de fonctionnement qui se cumulent avec la remise en cause de la rémunération par la PFR et les ponctions au titre de la maladie… alors que l’ensemble des conditions de travail se sont dégradées, que les agents vivent une dévalorisation de leurs missions pour lesquelles on leur refuse les moyens humains et matériels nécessaires et qu’on leur fait comprendre qu’il n’y a ni marge de manœuvre ni négociation possible

Pourquoi ne sont convoqués que les agents de catégorie A ? Nous dénonçons cette opposition que vous voulez établir entre les soi-disant « managers » et les « opérateurs » contribuant à la dévalorisation des agents B et C.
Pour nous tous les agents de nos services, chacun à sa place, avec les droits et garanties découlant de leurs statuts, sont garant du fonctionnement du service public et doivent être entendus.

Le projet de service que vous proposez est un empilement des différentes missions des différents services, un mille-feuille indigeste des formules langue de bois de nos ministères. Il ne corrige aucune des inepties de l’organisation administrative imposée par les réformes. Comment croire à « l’accompagnement renforcé des B et C », à un « dispositif renforcé d’appui », à une réelle prévention des risques psycho sociaux, alors que les effectifs sont au plus bas ?!

En l’état le projet de service ne répond aux attentes ni des agents, ni des usagers du service public.

Le 28 février 2012

PDF - 116.6 ko
Séminaire Direccte Midi-Pyrénées - Déclaration des OS 28 février 2012


Article publié le mercredi 29 février 2012